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Faut-il avoir peur de Google Book ?

 
     
Google la petite bête qui monte qui monte…

1998 : Serguei Brin et Larry Page deux étudiants de l’université de Stanford créent Google Inc (basé sur une méthode d’analyse des liens pointant vers un site Web.)

1999 : Fin de l’été Google (le moteur de recherches) enregistre trois millions de requêtes par jour. Fin septembre, la phase de test du moteur de recherches est terminée. C’est le bouche à oreille qui fera la réussite du moteur de recherches.

2000 : En juin 2000 Google devient le moteur de recherches le plus complet au monde en référençant un demi-milliard de pages Web. Google signe un partenariat avec Yahoo. Simultanément, Google lance son offre de publicité ciblée en fonction des requêtes. À la fin de l’année, la Google ToolBar est proposée aux internautes.

2001 : L’index de Google atteint 1,6 milliard de pages répertoriées. Google rachète Deja. com et met la main sur l’archivage de Usenet (newgroups). Quatrième trimestre, Google (au chiffre d’affaires inconnu) annonce qu’il a atteint la rentabilité.
Google améliore les fonctionnalités de son moteur : interface disponible en 26 langues, possibilité de faire des recherches sur les images, lancement de Google Catalog (galerie marchande), du Zeitgeist, etc. Google référence trois milliards de pages Web.

2002 : En février, Google lance son programme publicitaire self-service Adwords. En mai, le moteur de recherche est choisi par AOL à la place du duo Yahoo-Inktomi. En septembre, il lance Google News, service gratuit de pige des sites d’information, puis Froogle, un comparateur de prix.

2003 : En février, Google rachète le service de blogs, Blogger. En mars, le moteur de recherche annonce que 100 000 annonceurs utilisent son réseau de liens promotionnels. En avril, il acquiert la technologie de mots-clés d’Applied Semantics. En septembre, le moteur de recherche rachète Kaltix, une start-up spécialisée dans la recherche en ligne personnalisée (son outil tient compte des goûts et habitudes de l’internaute pour lui donner des résultats au plus proche de ses attentes). En octobre, Google développe de nouvelles fonctionnalités gratuites pour son service Adwords, dont un outil de tracking permettant de calculer l’efficacité des liens sponsorisés. Il rachète enfin la société Sprinks, spécialisée dans la publicité contextuelle.

2004 : L’index de Google répertorie 4,3 milliards de pages. Le moteur de recherche lance la recherche localisée avec Google Local. Début avril, la société annonce le prochain lancement de Gmail, un service de Webmail gratuit incluant des liens contextuels selon le contenu des messages. 29 avril : introduction en Bourse de Google, sur le Nasdaq.
Lancement de Google Print.

2005 : Google met en ligne officiellement le site Web de l’outil « Google Print ».
En novembre 2005, parce que son nom n’illustrait pas exactement son objectif, Google Print devient Google Book Search.

Remarque préalable, aujourd’hui, Internet sans Google n’existe pas et il n’est pas praticable (les informations non hiérarchisées sont inutilisables). On constate une croissance et une expansionfulgurantes de ce moteur de recherche américain, grâce, entre autre, à une évolution constante dedu système d’indexation pluridisciplinaire pointnat vers les sites Web (images Google Earth, blogs, Google Moon, etc.).
Google a simplement étendu à large public les systèmes de classement, de hiérarchisation et d’indexation des logiciels de gestion documentaire de l’information (type Superdoc) utilisés dans les entreprises de veille documentaire et les bibliothèques.
En 2004, Google annonce la disponibilité de son programme « Google Print » aux éditeurs qui désirent voir le contenu de leurs livres être indexé par le moteur de recherche. L’idée est de rendre disponible en ligne le contenu complet de livres édités au format papier. Les éditeurs peuvent signer un contrat avec Google, puis envoyer gratuitement leurs livres au moteur, qui les scannera et les mettra en ligne dans son index. L’offre est limitée aux détenteurs d’un numéro ISBN.
L’internaute, après avoir saisi un mot-clé sur le moteur de recherche, se voit proposer un lien vers un livre si celui-ci est détecté par Google. Sur la page de résultats « Google Print », il peut en lire des extraits, parcourir certains paragraphes, l’acheter en ligne, etc. Un nouveau service qui arrive, de façon opportune, juste après l’annonce du lancement officiel par Amazon de son moteur de recherche proposant plusieurs fonctionnalités similaires.

En 2005 Google met en ligne officiellement le site Web de l’outil « Google Print ». Les livres libres de droits sont indexés en totalité tandis que les ouvrages récents ne sont disponibles que sous forme d’extraits (trois pages au maximum). Les couvertures sont numérisées et affichées devant chaque descriptif. Une page précise le copyright et les détenteurs des droits L’outil intègre plus de 15 millions d’ouvrages, suite à un accord passé fin 2004 avec les bibliothèques de Harvard, de Stanford, de l’université du Michigan, d’Oxford et de New York.
« Google Print bénéficie directement aux auteurs et aux éditeurs en augmentant les ventes et en sensibilisant le public sur leurs ouvrages », écrit Google dans un communiqué. « Seuls quelques passages des livres sont dévoilés, à moins que l’auteur ait donné sa permission expresse ».
Ce lancement soulève un tollé général en Europe.


Les critiques :
Face à ce projet critiques économiques et nationalistes fusent en Europe (impression de la totalité les livres, hégémonie de la culture anglo-saxonne, droit d’auteur bafoué…).
Plusieurs remarques, il n’y a pas plus de risque d’impression illicite avec les numérisations sur Internet qu’avec les ouvrages papiers. Quant à l’impérialisme culturel américain le débat est toujours à l’ordre du jour. Malgré la présence les livres francophones dans son interface, Google Book est américain, alimenté majoritairement par des publications anglo-saxonnes. Il y a donc bel et bien un risque de monopole, de formatage et d’uniformisation par la cultutre anglophone. Une réflexion et des modalités d’action sont à envisager par les auteurs pour préserver la diversité culturelle si chère à la France.
Le projet de Google met en avant les différences entre le droit d’auteur anglo-saxon et le droit d’auteur latin. Le droit américain est dominé par le copyright (l’auteur perd ses droits) contrairement au droit d’auteur latin où l’auteur et les ayants droit ont des droits patrimoniaux 70 ans après la création de l’œuvre (guerres comprises). En acceptant la numérisation de leurs œuvres quels sont les droits de l’auteur sur la copie numérique ? la reproduction des pages en ligne sera-t-elle payante ? si oui, à qui reviendra l’argent (aux serveurs) ? À quels textes sur la propriété intellectuelle fait référence Google lorsqu’il demande de céder vos droits ? S’agit-il du droit américain ? On peut aussi polémiquer sur le droit de citation. Que devient alors le projet de Google « d’organiser le monde de l’information pour le rendre plus accessible, pratique et universel » ?
Autant de questions pour l’instant sans réponse, Google ne commmuniquant pas sur ce sujet.


Les atraits :
Outre ces aspects, Google Book présente des attraits :
Puisqu’il suffit d’avoir un numéro d’ISBN pour se faire référencer, tout auteur auto-édité peut figurer dans l’index de Google et bénéficier d’une visibilité internationale. Un bémol, n’y a-t-il pas un risque de voir référencer sur la Toile des textes de qualité médiocre voire douteuse ? Faut-il sélectionner les œuvres numérisées ? si oui selon quels critères ? Il devient impératif d’envi-sager ces aspects face à une technologie évoluant à très grande vitesse, sous peine de voir les législateurs prendre des décisions inadéquates à la hâte.


En novembre 2005, parce que son nom n’illustrait pas exactement son objectif, Google Print devient Google Book Search. Le géant Internet a l’intention de permettre un accès à une bibliothèque virtuelle. Google en partenariat avec des bibliothèques s’était lancé dans la numérisation d’ouvrages. Les auteurs qui refusaient que leurs livres soient numérisés devaient le faire savoir. Par défaut, s’ils ne faisaient pas de réclamation, leurs ouvrages étaient numérisés. Les auteurs et les maisons d’édition tout comme les gouvernements européens ont immédiatement voulu mettre un frein à ce projet. Les bibliothèques nationales de 19 pays européens (Allemagne, Autriche, Belgique, Danemark, Espagne, Estonie, Finlande, Grèce, Hongrie, Irlande, Italie (Rome et Florence), Lituanie, Luxembourg, Pays-Bas, Pologne, République tchèque, Slovénie, Slovaquie, Suède) ont signé une motion destinée à contrer ce gigantesque programme de numérisation. La BNF est à l’origine de cette initiative basée sur l’union des forces et des compétences. Le Royaume-Uni s’illustre comme à son habitude en refusant de signer la motion tout en soutenant l’initiative… Reste qu’il faudra se mettre d’accord. Ce n’est pas gagné. Et trouver les fonds nécessaires ! Google estime le coût de son projet à 150 voire 200 millions de dollars.Argument de poids a-vancé : en prenant à sa charge la numérisation des livres « Google Print bénéficie directement aux auteurs et aux éditeurs en augmentant les ventes et en sensibilisant le public sur leurs ouvrages », écrit Google dans un communiqué.


Sur les traces de Google Book


Pendant la mobilisation générale contre Google, Amazon mettait en place son propre moteur d’indexation, à l’interface e similaire « Chercher au cœur ». Même principe de recherche, mêmes rendus (couverture, quatrième de couverture, extraits, sommaires, liens sponsorisés, achat en ligne). Et pourtant le lancement de « Chercher au cœur » n’a pas soulevé de discussions. Notons qu’Amazon est une librairie en ligne avec une volonté commerciale. Le site propose également un partenariat aux éditeurs, dans le but d’opérations lucratives. Ici l’intention est claire mais peu de pages sur ce projet circule sur le Net, pourtant Amazon ance 2 programmes dangereux pour le droit d’auteur.
Amazon vendra les livres page par page et chapitre par chapitre
Uniquement la recette du gâteau au chocolat ? C’est ce que Amazon vous permettra bientôt d’acheter, ne vous obligeant plus à investir dans le livre entier de recettes. La firme a dévoilé les deux projets sur lesquels elle travaille. Le premier, baptisé Amazon Pages, permettra à l’utilisateur de chercher dans les livres les passages où les pages qui sont susceptibles de l’intéresser. Ensuite, l’internaute pourra les acheter. Pour ce qui est de l’impression des pages achetées, Jeffrey P. Bezos, le directeur général d’Amazon a expliqué dans une interview que la décision était entre les mains des auteurs et des éditeurs. Mais on imagine déjà les dérives qui pourraient en découler : fausses éditions, copie qui ne reste pas à usage privé…
Deuxième projet, baptisé Amazon Upgrade, fournira à l’inter-naute une copie électronique du livre physique acheté. Comme pour le premier service, on ne sait pas encore si l’impression des documents électroniques sera permise.
Annoncées en novembre 2005, ces deux nouvelles fonctionnalités du libraire en ligne devraient être mises en place courant 2006. Nulle vindicte ? Que font les auteurs ?


La réponse européenne
Aujourd’hui, au vu des nombres de pages disponibles sur la Toile, le Peer to Peer, le téléchargement légal ou non, mobilisent plus les pouvoirs économiques et politiques que les nouvelles bibliothèques numériques. Le vieux continent a-t-il excessivement confiance en son projet Quaero ? ou encore, l’Europe sachant qu’économiquement elle sera perdante en s’opposant à Google
a-t-elle choisi de ne pas déclarer la guerre au géant ?
Le projet de Google Book est une bibliothèque numérique de plus offerte aux chercheurs et aux internautes, doublés d’une plateforme de vente. C’est là la nouveauté.
En effet, en France, on trouve plusieurs bases de données internationales de diffusion d’œuvres numérisées : ARTFL Project, projet franco-américain de recherche sur les trésors de la langue française; l’INALF Frantext (2000 textes du XIIIe au XXe siècle : romans, poésie, théâtre, correspondance…) accessible sur abonnement ou gratuitement dans les bibliothèques universitaires; Basile (Base Internationale de Littérature Electronique); Bibliotheca universalis : projet d’accès aux œuvres principales du patrimoine culturel et scientifique mondial.
Après les hauts cris l’heure est à l’organisation et à la solidarité. Le 26 avril 2005, lors du conseil des Ministres franco-allemand à Paris, l’Europe présente son projet de moteur de recherches Quaero. Quaero (chercher ou être en quête en latin), veut à l’instar du projet de bibliothèque numérique européenne, concurrencer les avancées des grands moteurs américains en ce secteur. Quaero devrait s’orienter sur un axe multimédia et offrir, précise l’AFP, des « techniques avancées de transcriptions, d’indexations et de traductions automatiques de documents audiovisuels multilingues, la reconnaissance et l’indexation d’images ». 
On retrouve derrière ce projet Airbus de l’Internet, Thomson, Deutsche Telekom et France Télécom, Bertin Technologies, l’INRIA (Institut National de la Recherche en Informatique et en Automatique), l’INRA (Institut National de la Recherche Agronomique) et l’IMSI-CNRS (Centre national de la recherche scientifique) ou encore des universités tels l’Université de Kalrsruhe (traitement audio) ou des fournisseurs de contenus comme l’INA (Institut national de l’audiovisuel).

On notera enfin que l’Europe n’est pas la seule à vouloir développer son propre moteur de recherche. Le Japon, via un consortium d’universités et d’entreprises comme Matsushita, Hitachi, NEC, Fujitsu, devrait créer son propre moteur avant l’été 2006.


Nous constatons que la réponse de l’Europe, est d’ordre économique et politique. Gageons que les problèmes de droits d’auteur soulevés par le projet de Google seront de nouveau à l’ordre du jour avec le moteur européen.

En conclusion
Pour un auteur, le projet de numérisation en masse et de diffusion en ligne de la société Google en tant que bibliothèque virtuelle n’est pas le plus à craindre. Les plateformes de vente et de téléchargement le sont plus.Quant au projet Quaero, nous attendons une mise en ligne d’un site pour juger.
Les éditeurs français et les auteurs participant au projet de Google Book, bénéficient d’une indexation, d’une fenêtre sur le Web dont ils auraient tord de se priver.
À l’ère des nouvelles technologies, un auteur ne peut plus prétendre se contenter d’une diffusion « classique » s’il veut que son travail soit connu. Alors pourquoi ne pas utiliser les nouveaux moyens mis à sa disposition ? Internet ne constitue-t-il pas une alternative au monopole de diffusion des gros groupes ?.
Quant à la paupérisation de l’offre, il appartient au public d’y veiller. La qualité ne pâtira pas plus de la Toile que de la surproduction papier. L’auteur peut encore choisir ce qu’il veut voir figurer en ligne, contrôlant ainsi son image.

En l’état actuel des choses il n’y a pas à avoir spécialement peur de Google Book.

SB

 

 

 

mis en ligne le 4 avril 2006

© COSE-CALCRE